Coordonner une centaine d’entreprises spécialisées dans un ouvrage souterrain, en co-activité avec un chantier autoroutier fédéral et sous les contraintes d’un site urbain dense : voila ce que représente la Route des Nations pour GB Engineering. Entre 2020 et 2024, nous avons assuré la direction locale des travaux BSA sur l’un des ouvrages routiers les plus complexes du canton de Genève. Ce retour d’expérience revient sur les enjeux de ce projet, la méthode déployée et ce que cinq années de mission ont consolidé dans notre pratique.
- Un ouvrage de CHF 180 millions, dont CHF 17 millions d’équipements de sécurité et d’exploitation répartis en 13 lots.
- Plus de 100 intervenants BSA coordonnés en site occupé, en interface directe avec le génie civil et l’OFROU.
- Une mission DLT couvrant les phases SIA 41, 51, 52 et 53, de la planification à la réception finale.
Qu’est-ce que la Route des Nations ?

La Route des Nations est une infrastructure routière souterraine genevoise qui relie la jonction autoroutière du Grand-Saconnex à l’A1 au quartier des organisations internationales. Sur 1,2 km de tracé, 80 % du parcours se déroule en souterrain, via un tunnel, trois tranchées couvertes, quatre sorties de secours et trois bâtiments techniques. L’ouvrage a été concu pour décharger l’un des secteurs les plus denses du canton et améliorer l’accès aux institutions qui y siègent.
Pourquoi ce projet compte dans notre pratique DLT

La Route des Nations n’est pas seulement un chantier de grande envergure. Elle concentre, sur un périmetre restreint, la quasi-totalité des difficultés qu’un responsable de direction locale des travaux BSA peut rencontrer : multiplicité des lots, interfaces génie civil non stabilisées, projet féderal adjacent, pression calendaire et exigences de mise en service sous exploitation. Autant de parametres qui ne se gèrent pas en séquence mais simultanément.
Les CHF 17 millions d’équipements BSA couvrent huit domaines distincts : énergie (D1), éclairage (D2), ventilation (D3), signalisation (D4), détection (D5), vidéosurveillance (D6), communication (D7) et système de gestion (D8). Ces domaines ne fonctionnent pas en silo. Un retard sur la ventilation bloque les essais de détection incendie. Une interface mal définie entre éclairage et génie civil génère une reprise qui coûte du temps et de l’argent. Sur ce type de projet, la coordination n’est pas une fonction de support : elle est le coeur de la livraison.
Sur CHF 180 millions de travaux, CHF 17 millions concernent les équipements d’exploitation et de sécurité, répartis en 13 lots et pilotés par plus de 100 intervenants BSA.
Du point de vue de GB Engineering, ce projet illustre pourquoi la direction locale des travaux BSA doit s’exercer dès la phase de planification, bien avant l’ouverture du chantier. Les décisions prises en phase 51 déterminent en grande partie la fluidité des phases 52 et 53. Identifier un conflit d’interface sur plan évite une reprise sur site. C’est une économie de temps, de budget et de conflits entre corps de métier.
Tableau récapitulatif de la mission
| Parametre | Détail |
|---|---|
| Maitre d’ouvrage | République et Canton de Genève |
| Période | 2020 à 2024 |
| Montant total des travaux | CHF 180 millions |
| Part BSA | CHF 17 millions |
| Nombre de lots BSA | 13 |
| Intervenants BSA | Plus de 100 |
| Rôle GB Engineering | Responsable DLT BSA |
| Phases SIA | 41, 51, 52, 53 |
| Groupement | NATIF (IM Maggia, T Ingénieurs, CSD, CITEC) |
Ce que ce projet a confirmé sur la coordination BSA en ouvrage souterrain
La Route des Nations démontre que la complexité d’un tel projet ne réside pas dans la technicité de chaque équipement pris isolément. Un système de détection incendie, un réseau d’éclairage de sécurité ou une installation de ventilation restent des technologies connues. La vraie difficulté tient à leur assemblage : garantir que 13 lots différents, réalisés par autant d’entreprises avec des plannings propres, se raccordent, s’interfacent et se testent dans un ordre maîtrisé.
Cette logique d’assemblage est ce que GB Engineering apporte sur ce type de mission. Elle suppose une lecture transversale de tous les lots, une présence constante sur site pour arbitrer les conflits de ressources ou de séquençage, et une capacité à maintenir le cap sur les jalons de mise en service même quand le génie civil génère des aléas. Sur la Route des Nations, la co-activité avec le chantier autoroutier féderal a représenté une contrainte supplémentaire que seule une coordination proactive permettait d’absorber.
Cette expérience nourrit aujourd’hui directement nos missions DLT BSA sur d’autres routes nationales. Les exigences sont les mêmes : multiplicité des lots, interfaces génie civil, mise en service sous contrainte d’exploitation. Les enseignements tirés à Genève s’y appliquent directement.
Erreurs courantes à éviter sur un projet BSA de cette nature
Sous-estimer la phase de controle des documents d’exécution
La tentation existe, sous pression calendaire, de réduire le temps consacré à la validation des plans d’exécution. C’est une économie de court terme qui se paye en modifications coûteuses sur le chantier. Sur la Route des Nations, cette phase a permis d’identifier des conflits d’interface avant qu’ils ne deviennent des reprises physiques. Allouer du temps en phase 51 est un investissement, pas un luxe.
Traiter les interfaces BSA/génie civil comme une formalité
Dans un ouvrage souterrain, les interfaces entre équipements et structure sont nombreuses et critiques : réservations, fourreaux, socles, fixations, chemins de cables. Les traiter comme de simples points de coordonnées entre corps de métier est une erreur. Elles doivent être tracées, assignées et vérifiées tout au long du chantier. Un fourreau manquant dans un radier bétonné est une reprise lourde.
Négliger le reporting structuré au maitre d’ouvrage
Un maitre d’ouvrage mal informé prend des décisions en retard ou sur la base d’informations incomplètes. Sur un projet de cinq ans avec plusieurs dizaines de millions d’équipements BSA, l’absence de reporting régulier et structuré génère des incompréhensions et des tensions en phase finale. La régularité et la lisibilité des comptes rendus technique, calendaire, financier et administratif sont une composante à part entière de la mission DLT.
Conclusion
La Route des Nations illustre ce que signifie diriger des travaux BSA sur un ouvrage urbain souterrain de grande envergure : pas uniquement maîtriser les technologies, mais organiser leur assemblage dans un environnement contraint, avec des dizaines d’intervenants et des interfaces qui se multiplient à chaque phase. Entre 2020 et 2024, GB Engineering a accompagné ce projet de bout en bout, des phases de planification jusqu’à la réception, au sein du groupement NATIF aux cotés d’IM Maggia, T Ingénieurs, CSD et CITEC.
Cette expérience renforce notre capacité à intervenir sur des projets d’infrastructures de transport où la coordination BSA est un facteur determinant de réussite. Si vous menez un projet similaire et souhaitez échanger sur notre approche de la direction locale des travaux, notre équipe est disponible pour en discuter.